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Des mots d'instants

Il est des films dont on ne sait même pas qu'ils auront existé.

Des diffuseurs comme Sundance Channel en sont des porte-paroles précieux.

Red Knot est un de ces moments de fiction qui font rêver avant de nous confronter à notre propre réalité. Ici, c'est une lune de miel qui se fête par un voyage en Antarctique. Le couple embarque et se laisser bercer par les flots avant d'affronter les vagues des conflits naissants.

Pour une question de passion, de révélation. Chacun ou chacune se reconnaîtrait dans cette quête personnelle inattendue. Celle qu'on pense remettre à plus tard mais qui s'impose dès qu'on quitte ses repères quotidiens. Ce sentiment soudain de plénitude quand on affronte l'inconnu oppressant mais terriblement excitant. Parce qu'il nous met face à nous-mêmes, à nos défis, nos peurs, nos doutes.

Et on est alors face à un challenge. Se faire plaisir ou trop concéder à l'autre ?

C'est aussi ça le défi quotidien et la force du couple : se révéler à soi-même et cesser de se mentir en mesurant les risques de perdre celle ou celui qu'on aime.

 

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lI y a mille et une façons de rentrer de voyage.

S'en attrister, le regretter déjà, s'en remémorer les plus belles images, regarder les clichés, appréhender le quotidien qui revient.

Mais il y a aussi mille et une façons de prolonger un voyage.

En ramener un tapis de bain et s'en rappeler à chaque douche du matin, écouter en streaming les chaînes de radio du coin, s'enivrer de senteurs d'épices dénichées là-bas, en apprendre la langue encore et toujours,... et même tout simplement déjeuner avec une tartinade d'un produit local chocolaté à base de pâte de sésame.

Un matin, ce pot au goût d'ailleurs en arrive à sa fin, doucement. Il n'en reste que quelques cuillères. On se surprend à réduire la portion sur le pain. Histoire de prolonger le plaisir.

Puis en vient un autre : celui de se dire qu'à la toute dernière bouchée, il sera temps d'y repartir.

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C'était juste là, à l'arrêt du bus. A deux pas de cet antre où j'apprends le grec moderne.

J'en revenais un peu fatigué, certes, mais heureux.

J'aurais presque bien fermé les yeux longuement pour éviter les trottoirs sales, les passants pas nets, les voitures poussiéreuses et les vitrines de fast-food suintantes de mauvaise graisse.

Je lève les yeux vers le tableau horaire. Encore 6 minutes à attendre.

Un peu plus haut que cet affichage lumineux fade, mon regard se fige sur un coeur. Un coeur qui semble tenu d'un fil par une femme peinte de noir. Une myriade d'oiseaux l'entoure et illumine le mur de cette façade qui, sans cet art salutaire, plomberait davantage encore l'ambiance urbaine.

Un luminaire encore éteint semble bien impuissant, de toute façon. Ces traits, ces couleurs n'attendent que le soleil pour vivre et s'assombrir au gré du ciel et des jours qui se lèvent et se meurent.

La maison d'à côté a la grise mine du Monde pas joyeux qu'on habite aujourd'hui.

Le coeur rouge, les oiseaux et ses compagnons d'art redonnent juste l'espoir, l'envie.

Presque l'envie de ne pas reprendre le bus qui, avec ses habitués, ses visages renfrognés, ses rires retenus, ses sourires trop figés, me fait reprendre la route.

Mais je sais qu'au bout du chemin, un autre coeur m'attend. Celui de l'homme que j'aime.

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En attendant son prochain...

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Un soir, un mercredi.

Un lieu inattendu et inconnu.

C'est un endroit où on mange, où on boit. Comme il y en a des milliers sur cette planète.

Juste cette image d'un luminaire. Il éclaire le plafond, surtout, et illumine légèrement ce qui se trouve en-deçà. On peut, dès lors, tout imaginer.

Est-ce un intérieur de maison ? Un minuscule hall de gare à la déco audacieuse ? Une salle communale ?

Ou serait-ce plutôt une taverne où il fait bon boire un verre ou se délecter d'une carte minimaliste mais authentique ? De ce genre de lieu où l'inattendu a force de loi. Où la convivialité se retrouve à sa source. Où les clients n'en sont plus. Ils sont simplement "eux". Les regards se frôlent et les envies de se parler ricochent contre le mur du silence.

Des musiciens entrent dans la danse. Les tables tremblent dans le rythme et les mains applaudissent timidement puis fébrilement. On tend vers l'unisson.

Il suffit d'un rien pour rassembler tout un monde. Sous les lueurs timides d'un lustre improbable.

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Des mots d'instants

Se poser, capter, écrire des instants de vie qui intriguent, apaisent ou interrogent. Parfois, un peu de rêverie et de fiction s'en mêlent.

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