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Des mots d'instants

Elles étaient des cent et des mille. Sur ces petits bouts de plexi que tu ne cessais de regarder, les uns après les autres. Quand tu recevais de nouveaux échantillons.

Tu les manipulais un peu avec la même dextérité qu'ont les Grecques - et les Grecs - avec leur "komboloi". Tu regardais ces différentes teintes, par-dessus, par-dessous, face à la lumière ou dans l'ombre. Tu maniais ces échantillons tels des bijoux. De futurs bijoux car, dans ton esprit, déjà, s'échaffaudait un plan. Un sacré joli plan même.

Quelle dimension aura tel ou tel plexi ? Quelle couleur accorder avec laquelle ? Quelle est la disposition des caméras ? Comment les mettre en valeur ? C'était "presque" : "On ne va pas en faire qu'un décor, il faut jouer absolument avec ces matières, cette transparence. Il faut s'en amuser !". Pro que tu étais.

Mais cette transparence était aussi celle de ton coeur. Tu aimais - avec ceux que tu aimais - laisser entrevoir ton âme comme un plexi et y laisser se balader la caméra de l'oeil de ton ami, de gauche à droite et inversement. Lui laisser découvrir toutes les nuances et tous les reflets. En maintenant cette petite distance entre le plexi et ton propre intérieur. Et si le plexi était un peu griffé, c'est qu'il y avait une petite imperfection qui aidait à cacher une partie de ton âme ou à fermer la porte de ton jardin secret que tu entretenais avec la même passion.

Il y a tant à dire sur cette mappemonde en plexi que j'ai installée chez moi. Dans mon "petit nid", comme tu disais. Le goût de l'évasion, du voyage, des couleurs d'un arc-en-ciel dont tu aimais tant le symbole de la tolérance et de la différence. Mais ces couleurs, oui, tu les admirais en petites touches sur du blanc. Pour rester sobre, pour rester "classe", comme tu le disais si bien.  Et ce plexi, cette matière que tu devais tant adorer tant elle apportait des nuances, sans cesse. Parce que rien n'était jamais établi et enfermé avec toi. La porte restait toujours ouverte pour remettre le boulot à l'ouvrage ou la vision de la vie à l'épreuve.

Du rouge au jaune en passant par l'indigo et le cyan.

Je t'aime, Isabelle.

 

 

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"Coucou mon Isabelle, ma belle..."

"Coucou mon Isabelle, ma belle..."


Tu répondais à ces simples mots au téléphone par un petit rire avant de longues conversations.
Il me suffisait d'un fragment de seconde pour imaginer ton sourire et ton visage.
Tant on se connaissait, d'un simple écho de voix, presque d'un simple murmure.
Ne parlons pas des regards. Tu étais un livre ouvert comme je pense l'être aussi.
Est-ce pour ça qu'on a tourné ensemble ces belles pages d'amitié ?
Sans doute.
Toi, parfois pensive.
Avec, du coup, tout le questionnement qui peut se poser face à toi.
Un peu comme ces questionnements que se posent encore aujourd'hui nombre d'historiens ou d'archéologues face à cette Athéna Pensive qui me tient tant à coeur et dont on a tellement parlé.
Tu sais mon envoûtement, depuis mon jeune âge, face à ce bas-relief aussi beau que mystérieux, aussi fascinant que séduisant.
Puis-je dire que ces adjectifs pouvaient aussi te correspondre ?
Te correspondre comme Athéna. Tu l'aimais aussi.
Intelligente, combattive.
Elle qui, par un olivier, a réussi à combattre Poséidon qui n'avait offert qu'un éclair de trident pour tenter de séduire Athènes.
Le choix a été fait vers celle qui a préféré la douceur et la bienveillance.
Athéna protectrice. Protectrice comme tu l'étais envers nous et comme tu le seras toujours.
Toujours. Πάντα.
Et cette copie du bas-relief de l'Athéna Pensive, je t'avais demandé où je la placerais bien dans mon petit nid.
Tu m'as répondu : "Mmmmm... (pensive ?)... On trouvera !"
Je n'ai pas eu la réponse de ta part mais je la connais dans mon coeur, dans nos coeurs :
Athéna restera tout près de toi.
Je t'aime énormément.


Σ'αγαπώ παρα πολύ.

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Des mots d'instants

Se poser, capter, écrire des instants de vie qui intriguent, apaisent ou interrogent. Parfois, un peu de rêverie et de fiction s'en mêlent.

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