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Le texte suivra...
Rien d'autre à masquer dans mes mots d'instants.
Juste merci à vous d'y revenir très vite <3
Se poser, capter, écrire des instants de vie qui intriguent, apaisent ou interrogent. Parfois, un peu de rêverie et de fiction s'en mêlent.
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Le texte suivra...
Rien d'autre à masquer dans mes mots d'instants.
Juste merci à vous d'y revenir très vite <3

Photo bleutée d'un cadran de tableau de bord.
Il fait 39° sur Bruxelles à 17h31 et j'écoute avec une appli la chaîne de radio publique grecque ERA Kosmos. Qui me fait m'évader vers mon pays de coeur en me laissant bercer par la langue des animateurs et animatrices et en me rinçant les oreilles avec les musiques du monde entier... du "Kosmos".
Mais je les écoutais avec quelques larmes qui coulaient sur mes joues. L'air conditionné de la voiture les a empêchées de sécher instantanément. Je les ai brièvement écartées de ma main.
...
Peu de minutes auparavant, en sortant d'un rendez-vous médical, je vois et j'entends une jeune fille à l'articulation hasardeuse. Au travers de la haie, je voyais ses mains qui dévoilaient aussi une malchance de la vie, de la naissance. Elle parlait à un homme. Je ne savais qui elle regardait tant son regard était également trouble. Je vois un gars en "uniforme" s'approcher. Sourire et manches courtes. C'est un chauffeur de taxi. Elle a dû l'appeler avec son portable ou... était-il là par hasard ?
Cette fille était en chaise roulante, en plein soleil, sous 39° avec... le pneu droit complètement crevé.
Je suis retourné au centre de soins d'où je sortais, j'ai rempli très vite un verre à la fontaine d'eau et l'ai rejointe. "Un peu d'eau, non ?", lui ai-je demandé.
Son sourire et sa précipitation à prendre dans ses mains branlantes le gobelet ont suffi à me faire comprendre combien elle appréciait le geste. Même si ses mots restaient brouillons.
Mais son regard rempli de "mercis" était limpide.
"Au revoir et attention à la chaleur !". "Me'ci." Et un autre "Merci" lancé avec sincérité par le chauffeur de taxi qui terminait de l'embarquer dans son gros véhicule. Je me suis simplement assuré qu'il avait "l'air-co" avant de m'en retourner vers ma voiture et de brancher "Kosmos", puis, m'en aller.
Ce simple instant de chaleur humaine m'a fait fondre le temps de 3 à 4 minutes. J'ai laissé mes yeux se mouiller. J'ai savouré cet instant. Ce moment d'une personne non-valide qui, sous 40 degrés quasi, ne se plaignait même pas. Juste son pneu crevé qu'il fallait bien réparer.
Le nom de ce blog n'est pas un hasard. Ce sont bien "Des mots d'instants".

J'écrivais il y a quasi trois années :
"Se coucher un dimanche soir et rêvassser. A fouler un sol légendaire, à entendre les craquements sur les pierres, à sentir l'énergie du passé, la force de l'Histoire.
Ne pas s'en lasser.
Se laisser caresser par un Soleil millénaire.
Sentir le regard des Dieux qui défient. Tenter de leur parler.
Embrasser la vue d'une ville tentaculaire.
Et juste se laisser porter par sa magie...
Encore moins s'en lasser.
Se dire enfin qu'il faudra encore un peu de patience.
Mais que n'est-on pas prêts à attendre quand on sait qu'une fois le but atteint, ce n'est que contemplation, joie, sérénité, admiration, fascination et bienveillance pour soi-même...
Ne surtout jamais s'en lasser."
Un texte que j'ai écrit... il y a 3 ans déjà... 3 ans... Ca peut paraître peu mais imaginez un bébé... Quand il a 3 ans, c'est comme s'il avait déjà mené toute une vie. Et on attend qu'elle se poursuive. Et plus on avance en tant qu'adulte, autant on a l'impression de cette préciosité de la vie, de sa fragilité, de son côté sournois qui peut nous piéger à tout moment.
De quoi garder nos rêves et nos envies.
Le texte que j'ai écrit il y a 3 ans reste plus que jamais d'actualité. C'est encore plus fort, cette sensation. Poser le pied à Athènes en quittant l'avion reste pour moi un moment magique. Si les Dieux anciens existaient - et qui sait ? - je les embrasserais, je les vénérerais, je les remercierais de m'accorder l'avantage, la chance de fouler ces terres fragiles, qui peuvent trembler à tout moment. Mais cette pensée ne m'effleurera jamais l'esprit... ou si peu.
La magie l'emporte sur la crainte.
La crainte disparaît quand on a envie de vivre.

Cela fera presque un an. Un an que je n'ai rien publié sur un blog qui me tient pourtant tellement à coeur. Mais il y a des coeurs perdus qui, subitement, semblent imposer à la Terre d'arrêter de tourner.
Puis il faut apprendre à en tirer les leçons, à se ressaisir, à regarder l'horizon non comme un décor mais comme un symbole.
Comme une incitation à renaître de cendres qui, heureusement, ne sont, elles aussi, qu'un symbole.
Parce que la vie continue, l'air de rien. J'avais beau me moquer de mes aînés quand, enfant ou adolescent, ils me répétaient sans cesse que le vie est courte et qu'il faut en profiter. J'ai été stupide comme tous les ados jusqu'à me rendre compte, aujourd'hui, que c'était des mots justes, des mots vrais.
Un simple bon sens.
Et tant qu'on a la chance de contempler l'horizon, où qu'il soit...
On vit. Et ça reste cadeau.
devoir se rendre à l'évidence qu'une relation, qu'elle soit amoureuse, amicale, familiale,... ne tourne plus trop rond. Que les espérances ont été de vains mots. Que les moments forts ne resteront finalement que des souvenirs.
Qu'ils soient vains, qu'ils se perdent, qu'ils s'oublient ou qu'ils soient immémorables. Qu'importe finalement ?
Continuer à idéaliser, espérer ce qui ne peut pas se concrétiser dans une vie, c'est se faire mal, c'est se laisser se faire souffrir, c'est s'oublier, c'est s'abandonner, c'est trop se donner. Jusqu'à en perdre, comme le disait une chanson, la raison.
Aujourd'hui, en 2018, plus que jamais, tout nous pousse à se recentrer sur nous, soi-disant. A faire le point sans cesse sur nous-même. Comme pour nous rassurer, là, comme ça, qu'on est bien et équilibré avec soi-même. Qu'on n'a de compte à rendre à personne. Qu'on est "super forts" pour s'assumer et s'estimer tellement "serein" qu'on n'a même plus besoin d'un autre.
"Tu es mon autre", chantaient Maurane et Lara Fabian. On s'en moquait parfois de ces deux voix tant différentes mais qui se complétaient tant. Sinon, les auraient-elles chantés ensemble, ces mots-là ?
Amour, amitié, famille... Peu importe.
Qu'il reste au moins toujours l'humilité et l'espoir, en chacun de nous, de reconnaître qu'on a besoin d'un "autre" ou de "l'autre" dans cette si courte vie.

S'endormir un lundi soir tard à 1h30, quand son homme dort déjà.
Consulter l'air de rien sur son smartphone le fil d'un réseau social et apprendre que Maurane, oui, Maurane, est décédée dans son appartement bruxellois, pas très loin de chez moi. C'est tout simplement comme un cauchemar éveillé. Une chose à laquelle on ne peut pas croire.
J'ai revérifié sur d'autres sites mais la RTBF a été la première a avoir relayé cette info qu'on veut pas lire ni entendre.
Parce que les artistes nous apportent du bonheur, des vibrations, des sensations à nulle autre pareille.
Je me suis pourtant endormi mais, en me réveillant, la douleur fut plus grande. Elle s'est accentuée au fil de ma journée de travail.
J'ai vu Maurane en concert il y a près de 15 ans, au Cirque Royal de Bruxelles. Au 2e ou 3e rang ? Tout proche. La voyant venir sur scène en avouant souffrir de la mort de son père. Ca ne l'a pourtant pas empêchée de tout donner, dans son concert, avec une générosité énorme et une voix qui, je m'en rappelle, me prit aux tripes. C'était l'époque de "Toutes les mamas", de "Sur un prélude de Bach", de "Mentir" et j'en oublie.
Tu vas me manquer, Maurane. Comme tu vas manquer à tant et tant...

Ca pourrait paraître nunuche et cucul de publier une image de coucher de soleil.
Le genre d'images qu'on a vu des milliers de fois et qui va jusqu'à nous faire honte au moment de choisir une carte postale à envoyer à tonton quand on est en vacances en bord de mer.
Mais le soleil se lève et se couche partout. Sur la mer, la montagne, la ville et même sur les quartiers sales et moches. Regardez cette photo. Vous avez vu ces vagues que le soleil laisse évaporer pour prolonger le plaisir de la vue ? N'a-t-on pas tendance à oublier de savourer ces instants sur lesquels nous n'avons aucune prise, aucun pouvoir.
Non. Ici, l'artiste, le peintre, c'est le ciel et ses astres. Après des mois de grisaille où on allait oublier qu'il existait toujours et éternellement une boule de feu, cette lumière s'offre à nous. Même si elle nous demande de grelotter un peu. Comme pour la mériter à nouveau, comme pour nous défier si on veut s'en remplir les yeux, nos sens, notre corps tout entier.
Réapprendre à savourer ces instants, c'est croire à nouveau aux saisons, à la vie dans sa globalité. Tout comme le ciel, elle est changeante et imprévisible. Tantôt éclairante, tantôt sombre. Oublier de se poser et de contempler le lever ou le coucher d'un astre, c'est un peu comme oublier la fragilité de la vie.
Et sa préciosité.

C'était comme un choc ce matin.
Du bleu dans le ciel. Beaucoup. Puis, au fur et à mesure que la journée s'écoulait, les nuages s'accumulaient. Au lieu de s'évader.
Peu importe, le peu de bleu nous fait nous éloigner d'un épuisement d'hiver trop intense, trop fort, trop injuste, trop éreintant.
Il était tard quand je suis rentré du boulot mais j'ai savouré cette vue, presque, oserais-je dire, cette "vision", même de la fenêtre du bureau. D'une saison qui se prépare, on l'espère, qui se profile, on le suppute, qui sera là, on ne devrait pas en douter.
Cette lumière, ces nouvelles ombres nous éloignent un peu plus, petit à petit, d'un hiver morose qui a battu des records (?) d'absence de soleil, de luminosité. Et (tous les) Dieu(x) sait (savent) combien il agit sur notre humeur, sur sa constance, sur notre optimisme ou pas, sur notre manière de... vivre, tout simplement.
Mais n'oublions pas d'autres lumières qui peuvent, malgré tout, éclairer notre vie. Comme un Amour naissant, comme un sourire d'enfant, comme une image sympa et inattendue qu'on se surprend à contempler.
La vie reste belle. Il suffit juste, tel un avion, d'aller percer les nuages pour y retrouver la lumière.

la lumière de vie peut s'éteindre à tout moment. Sur la photo, vous verrez ce soleil manquant, cette petite lanterne éclairant un sol pourtant ébloui par un ciel quasi bleu. Comme un soleil de pacotille. Comme un faux-semblant.
Et puis, ça nous ramène à la vie, à ce manque de lumière, parfois. D'éclaircissements. C'est frustrant.
La vie, c'est fragile. Trop, parfois.
J'ai un ancien pote d'école qui a perdu sa belle. Par ce foutu crabe. Il dévore tout et ça fait mal. Ca fait mourir.
Et c'est une douleur d'apprendre tant de souffrances à vivre d'abord pour elle. Mais aussi pour les siens, pour lui. C'est juste injuste. C'est tout bonnement cruel. Difficile. Innommable.
Ce bonhomme me disait tant ce matin qu'il fallait vivre, profiter de chaque instant comme s'il était le dernier.
C'est ce que je me dis de plus en plus et encore davantage. Juste VIVRE. Chaque jour, chaque instant, chaque moment. Quelles que soient les épreuves de cette p... de vie.
Car cette lueur que vous voyez sur cette photo, il faut la voir comme un espoir.
Et sans espoir, on se meurt. Quoiqu'on ait vécu.

Un soir d'hiver, à la fraîcheur tremblante, un rayon de soleil m'est apparu.
Il est entré dans ma demeure et sa chaleur a envahi mon espace. Une chaleur bienveillante et bienfaisante. Tellement que la nuit s'est mêlée au jour.
Les instants ne se comptaient plus, ils se savouraient. Tendrement, sensuellement.
Aujourd'hui, on se moquerait presque des saisons. Tendresse humaine et regard de braise se mêlent au bleu azur de mes propres yeux.
Quand il fait jour, on oublie que les étoiles sont toujours dans le ciel. On ne les voit plus alors qu'on peut les admirer avec le coeur. Et mon coeur, il bat plus fort depuis quelques jours. Il ne s'en plains pas. Il veut me dire que je vis intensément un beau début d'histoire.