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Des mots d'instants

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Cela fera presque un an. Un an que je n'ai rien publié sur un blog qui me tient pourtant tellement à coeur. Mais il y a des coeurs perdus qui, subitement, semblent imposer à la Terre d'arrêter de tourner. 

Puis il faut apprendre à en tirer les leçons, à se ressaisir, à regarder l'horizon non comme un décor mais comme un symbole.

Comme une incitation à renaître de cendres qui, heureusement, ne sont, elles aussi, qu'un symbole.

Parce que la vie continue, l'air de rien. J'avais beau me moquer de mes aînés quand, enfant ou adolescent, ils me répétaient sans cesse que le vie est courte et qu'il faut en profiter. J'ai été stupide comme tous les ados jusqu'à me rendre compte, aujourd'hui, que c'était des mots justes, des mots vrais. 

Un simple bon sens.

Et tant qu'on a la chance de contempler l'horizon, où qu'il soit...

On vit. Et ça reste cadeau.

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devoir se rendre à l'évidence qu'une relation, qu'elle soit amoureuse, amicale, familiale,... ne tourne plus trop rond. Que les espérances ont été de vains mots. Que les moments forts ne resteront finalement que des souvenirs.

Qu'ils soient vains, qu'ils se perdent, qu'ils s'oublient ou qu'ils soient immémorables. Qu'importe finalement ? 

Continuer à idéaliser, espérer ce qui ne peut pas se concrétiser dans une vie, c'est se faire mal, c'est se laisser se faire souffrir, c'est s'oublier, c'est s'abandonner, c'est trop se donner. Jusqu'à en perdre, comme le disait une chanson, la raison.

Aujourd'hui, en 2018, plus que jamais, tout nous pousse à se recentrer sur nous, soi-disant. A faire le point sans cesse sur nous-même. Comme pour nous rassurer, là, comme ça, qu'on est bien et équilibré avec soi-même. Qu'on n'a de compte à rendre à personne. Qu'on est "super forts" pour s'assumer et s'estimer tellement "serein" qu'on n'a même plus besoin d'un autre. 

"Tu es mon autre", chantaient Maurane et Lara Fabian. On s'en moquait parfois de ces deux voix tant différentes mais qui se complétaient tant. Sinon, les auraient-elles chantés ensemble, ces mots-là ?

Amour, amitié, famille... Peu importe. 

Qu'il reste au moins toujours l'humilité et l'espoir, en chacun de nous, de reconnaître qu'on a besoin d'un "autre" ou de "l'autre" dans cette si courte vie.

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S'endormir un lundi soir tard à 1h30, quand son homme dort déjà.

Consulter l'air de rien sur son smartphone le fil d'un réseau social et apprendre que Maurane, oui, Maurane, est décédée dans son appartement bruxellois, pas très loin de chez moi. C'est tout simplement comme un cauchemar éveillé. Une chose à laquelle on ne peut pas croire. 

J'ai revérifié sur d'autres sites mais la RTBF a été la première a avoir relayé cette info qu'on veut pas lire ni entendre.

Parce que les artistes nous apportent du bonheur, des vibrations, des sensations à nulle autre pareille.

Je me suis pourtant endormi mais, en me réveillant, la douleur fut plus grande. Elle s'est accentuée au fil de ma journée de travail. 

J'ai vu Maurane en concert il y a près de 15 ans, au Cirque Royal de Bruxelles. Au 2e ou 3e rang ? Tout proche. La voyant venir sur scène en avouant souffrir de la mort de son père. Ca ne l'a pourtant pas empêchée de tout donner, dans son concert, avec une générosité énorme et une voix qui, je m'en rappelle, me prit aux tripes. C'était l'époque de "Toutes les mamas", de "Sur un prélude de Bach", de "Mentir" et j'en oublie.

Tu vas me manquer, Maurane. Comme tu vas manquer à tant et tant...

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Ca pourrait paraître nunuche et cucul de publier une image de coucher de soleil. 

Le genre d'images qu'on a vu des milliers de fois et qui va jusqu'à nous faire honte au moment de choisir une carte postale à envoyer à tonton quand on est en vacances en bord de mer. 

Mais le soleil se lève et se couche partout. Sur la mer, la montagne, la ville et même sur les quartiers sales et moches. Regardez cette photo. Vous avez vu ces vagues que le soleil laisse évaporer pour prolonger le plaisir de la vue ? N'a-t-on pas tendance à oublier de savourer ces instants sur lesquels nous n'avons aucune prise, aucun pouvoir.

Non. Ici, l'artiste, le peintre, c'est le ciel et ses astres. Après des mois de grisaille où on allait oublier qu'il existait toujours et éternellement une boule de feu, cette lumière s'offre à nous. Même si elle nous demande de grelotter un peu. Comme pour la mériter à nouveau, comme pour nous défier si on veut s'en remplir les yeux, nos sens, notre corps tout entier.

Réapprendre à savourer ces instants, c'est croire à nouveau aux saisons, à la vie dans sa globalité. Tout comme le ciel, elle est changeante et imprévisible. Tantôt éclairante, tantôt sombre. Oublier de se poser et de contempler le lever ou le coucher d'un astre, c'est un peu comme oublier la fragilité de la vie.

Et sa préciosité.

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C'était comme un choc ce matin.

Du bleu dans le ciel. Beaucoup. Puis, au fur et à mesure que la journée s'écoulait, les nuages s'accumulaient. Au lieu de s'évader.

Peu importe, le peu de bleu nous fait nous éloigner d'un épuisement d'hiver trop intense, trop fort, trop injuste, trop éreintant. 

Il était tard quand je suis rentré du boulot mais j'ai savouré cette vue, presque, oserais-je dire, cette "vision", même de la fenêtre du bureau. D'une saison qui se prépare, on l'espère, qui se profile, on le suppute, qui sera là, on ne devrait pas en douter. 

Cette lumière, ces nouvelles ombres nous éloignent un peu plus, petit à petit, d'un hiver morose qui a battu des records (?) d'absence de soleil, de luminosité. Et (tous les) Dieu(x) sait (savent) combien il agit sur notre humeur, sur sa constance, sur notre optimisme ou pas, sur notre manière de... vivre, tout simplement.

Mais n'oublions pas d'autres lumières qui peuvent, malgré tout, éclairer notre vie. Comme un Amour naissant, comme un sourire d'enfant, comme une image sympa et inattendue qu'on se surprend à contempler.

La vie reste belle. Il suffit juste, tel un avion, d'aller percer les nuages pour y retrouver la lumière.

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la lumière de vie peut s'éteindre à tout moment. Sur la photo, vous verrez ce soleil manquant, cette petite lanterne éclairant un sol pourtant ébloui par un ciel quasi bleu. Comme un soleil de pacotille. Comme un faux-semblant.

Et puis, ça nous ramène à la vie, à ce manque de lumière, parfois. D'éclaircissements. C'est frustrant.

La vie, c'est fragile. Trop, parfois.

J'ai un ancien pote d'école qui a perdu sa belle. Par ce foutu crabe. Il dévore tout et ça fait mal. Ca fait mourir. 

Et c'est une douleur d'apprendre tant de souffrances à vivre d'abord pour elle. Mais aussi pour les siens, pour lui. C'est juste injuste. C'est tout bonnement cruel. Difficile. Innommable.

Ce bonhomme me disait tant ce matin qu'il fallait vivre, profiter de chaque instant comme s'il était le dernier.

C'est ce que je me dis de plus en plus et encore davantage. Juste VIVRE. Chaque jour, chaque instant, chaque moment. Quelles que soient les épreuves de cette p... de vie.

Car cette lueur que vous voyez sur cette photo, il faut la voir comme un espoir.

Et sans espoir, on se meurt. Quoiqu'on ait vécu.

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Un soir d'hiver, à la fraîcheur tremblante, un rayon de soleil m'est apparu.

Il est entré dans ma demeure et sa chaleur a envahi mon espace. Une chaleur bienveillante et bienfaisante. Tellement que la nuit s'est mêlée au jour.

Les instants ne se comptaient plus, ils se savouraient. Tendrement, sensuellement.

Aujourd'hui, on se moquerait presque des saisons. Tendresse humaine et regard de braise se mêlent au bleu azur de mes propres yeux.

Quand il fait jour, on oublie que les étoiles sont toujours dans le ciel. On ne les voit plus alors qu'on peut les admirer avec le coeur. Et mon coeur, il bat plus fort depuis quelques jours. Il ne s'en plains pas. Il veut me dire que je vis intensément un beau début d'histoire.

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Selon ses envies, ce qu'elle ne maîtrise pas, un exercice imposé par la force des éléments, la mer du Nord côté belge nous offre des paysages apaisants, parfois angoissants.

Tout ça est cadeau.

Quand notre Terre est la plus vénérable des artistes...
Quand notre Terre est la plus vénérable des artistes...

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Il est des films dont on ne sait même pas qu'ils auront existé.

Des diffuseurs comme Sundance Channel en sont des porte-paroles précieux.

Red Knot est un de ces moments de fiction qui font rêver avant de nous confronter à notre propre réalité. Ici, c'est une lune de miel qui se fête par un voyage en Antarctique. Le couple embarque et se laisser bercer par les flots avant d'affronter les vagues des conflits naissants.

Pour une question de passion, de révélation. Chacun ou chacune se reconnaîtrait dans cette quête personnelle inattendue. Celle qu'on pense remettre à plus tard mais qui s'impose dès qu'on quitte ses repères quotidiens. Ce sentiment soudain de plénitude quand on affronte l'inconnu oppressant mais terriblement excitant. Parce qu'il nous met face à nous-mêmes, à nos défis, nos peurs, nos doutes.

Et on est alors face à un challenge. Se faire plaisir ou trop concéder à l'autre ?

C'est aussi ça le défi quotidien et la force du couple : se révéler à soi-même et cesser de se mentir en mesurant les risques de perdre celle ou celui qu'on aime.

 

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lI y a mille et une façons de rentrer de voyage.

S'en attrister, le regretter déjà, s'en remémorer les plus belles images, regarder les clichés, appréhender le quotidien qui revient.

Mais il y a aussi mille et une façons de prolonger un voyage.

En ramener un tapis de bain et s'en rappeler à chaque douche du matin, écouter en streaming les chaînes de radio du coin, s'enivrer de senteurs d'épices dénichées là-bas, en apprendre la langue encore et toujours,... et même tout simplement déjeuner avec une tartinade d'un produit local chocolaté à base de pâte de sésame.

Un matin, ce pot au goût d'ailleurs en arrive à sa fin, doucement. Il n'en reste que quelques cuillères. On se surprend à réduire la portion sur le pain. Histoire de prolonger le plaisir.

Puis en vient un autre : celui de se dire qu'à la toute dernière bouchée, il sera temps d'y repartir.

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Des mots d'instants

Se poser, capter, écrire des instants de vie qui intriguent, apaisent ou interrogent. Parfois, un peu de rêverie et de fiction s'en mêlent.

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